| |
Le Petit Prince est une turquerie qui sent le soufre, au figuré comme à la lettre. Le Petit prince ou "petit roi" en est le héros mais comment comprendre qu'au travers de cette fiction se trame un conte alchimique à "dormir debout" ?
C'est Henri Bodard qui avait dans son article paru dans le numéro 392 d'Atlantis soulevé ce point de science. Nous en donnons quelques extraits.
Toujours est-il que le Petit Prince arrive sur notre Terre qui est la septième planète qu'il aborde. Mais pour s'en échapper, le procédé précédemment utilisé ne sera plus de mise, il lui faudra subir, suite à la piqûre d'un serpent, animal de caractère mercuriel, une dissolution de son corps qui évoque la solution de la rémore dans le vase philosophal, dès le début du troisième œuvre. De même, après avoir trouvé le petit Jésus, le retour des Mages a dû se faire par un autre chemin. Toutes ces analogies sont assez étonnantes.
La « turquerie » fictive mise en scène par l'auteur au sujet du nom de l'astéroïde d'origine du Petit Prince, met très habilement à profit les réformes d'Ataturk, quoique en invoquant celles-ci avec une chronologie inexacte.
Une première fois, notre astronome turc fait part de sa découverte, vêtu à la manière traditionnelle de son pays, « mais personne ne l'avait cru à cause de son costume ».
La seconde fois qu'il annonce la même découverte, en 1920, il est habillé, nous dit-on, à l'européenne, « et cette fois-ci tout le monde fut de son avis ».
Manifestement, c'est la même chose qui se trouve relatée deux fois : d'abord sous un accoutrement suranné, puis sous une nouvelle tenue à la mode. Cette deuxième fois, c'est donc, très littéralement, une révélation, c'est-à-dire une vêture différente; et, grâce à celle-ci, l'auditoire est conquis.
Or, révélation n'est point dévoilement, mais seulement focaliser, l'attention sur l'existence de quelque contenu caché. Comment trouver celui-ci ? Comment donc décrypter ce "truc" turc ?
Nous pensons qu'on pourrait y parvenir de la manière suivante. Avant les réformes de notre dictateur, la langue turque s'écrivait à l'aide des caractères arabes, donc de droite à gauche. Depuis ses réformes, elle utilise l'alphabet latin, et les caractères des mots se suivent désormais au rebours de ce qu'ils faisaient auparavant. Ceci nous invite, dès lors, à prendre, nous aussi, à rebours ce que l'auteur nous a livré la première fois sur la planète B 612 d'origine du Petit Prince, pour en faire le corps céleste 216 B de son arrivée, c'est-à-dire la Terre, et à attribuer aussi ce même code, pendant son séjour, à ce singulier terrien d'adoption.
Fulcanelli nous indique, d'ailleurs, que le petit roi issu des sublimations a une nature terreuse. Et, précisément, Eugène Canseliet a révélé que 216 serait la masse atomique du corps le constituant. Dès lors, la lettre B qui accompagne ce nombre pourrait peut-être s'interpréter grâce à la signification secrète de cette consonne, laquelle évoque la maison, et aussi bien la case. On aurait donc ici l'élément de la case de la table de Mendéléïev où la masse atomique est 216..
On s'abstiendra ici de gloser sur le fait que 216 = 6 x 6 x 6, ce qui évoque le nombre 66627 ; mais on ne manquera pas de remarquer que le nombre 6 est très fréquemment et préférentiellement cité dans le conte qui sollicite notre attention.Finalement ne sarit-on pas à la recherche de la matière première, l'âme des métaux dont d'aucun prétendent qu'il s'agit du soufre également appelé "la fleur des hommes" et symbolisé sous forme d'une rose. Nous ommes en plein hermétisme derrière l'aspect presque infantile du conte. Mais ce sont les personnes sérieuses qui l'entendent ainsi.
Remarquons d'abord que l'Hermétisme est la doctrine attribuée à Hermès, Messager ailé des dieux dans la mythologie de la Grèce antique. Ceci cadre donc bien, dès l'abord, avec le rôle de notre héros de l'aviation postale. Et ceci d'autant mieux qu'un aéroplane ancien, avec ses grandes ailes entourant la tête casquée du pilote, laquelle émerge en plein air de la carlingue, corps de l'avion dont la queue se termine par d'autres petites ailes, n'est pas sans présenter beaucoup de ressemblances avec la représentation classique du Messager des dieux.
Celui-ci, en effet, y porte un casque pourvu d'ailes n'est aussi chaussé de talonnières, pareillement équipées de petites ailes. Il tient son caducée qui évoque une hélice.
"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas." Soit là encore un bi-plan.
C'est-à-dire qu'il confirme, bien à propos, l'analogie que nous venons de remarquer entre les deux plans (bi-plan) terrestre et céleste.
Dernier points ur l'ésotérisme du message de Saint-Exupéry : l'étymologie de son nom.
Exupéry rappelle, en effet, de manière à la fois très surprenante et très précise le verbe latin exsuperare (qui fait exupero, à la première personne du singulier au présent de l'indicatif). Or, la signification de ce mot est: « s'élever au-dessus, franchir, surpasser. Voilà donc l'énoncé d'actions parfaitement appropriées, aussi bien à ce surhomme qu'à ses valeureux camarades de l'aéropostale, qui surmontant les difficultés, s'élèvent sur des avions rudimentaires et peu sûrs pour traverser les mers immenses prêtes à les engloutir, et les déserts hostiles tant par leurs conditions météorologiques que du fait de leurs habitants inamicaux, pour franchir ou même sillonner les redoutables chaînes de montagne, telles que l'âpre Cordillère des Andes.
Certes, si l'Hermès grec déploie son action sur le plan éthéré de la Mythologie, les Romains, avec leur esprit pratique, lui ont fait le visage de Mercure, qui est aussi le dieu des voyageurs, du commerce et même des voleurs, au niveau terre à terre. C'est ainsi qu'à l'instar de ces derniers, notre siècle, il faut le constater, a suscité les actions héroïques de pionniers et leur sacrifice éventuel, pour le développement du transport rapide du courrier entre l'Europe et l'Amérique du Sud à des fins mercantiles.
Arrivé en ce point, le lecteur est en droit de nous poser la question fondamentale : Antoine de Saint-Exupéry était-il donc un hermétiste ? A cette interrogation, nous sommes d'avis qu'il faut répondre par l'affirmative sans hésiter, et même, nous essaierons de montrer qu'il connaissait au moins certains secrets de l'alchimie du laboratoire par la voie sèche. Certes, de nos jours, après l'apostolat mené par Eugène Canseliet pour faire connaître à nos contemporains, l'Alchimie - seule planche de salut pour notre humanité, comme il ne manquait pas de le déclarer -, ces choses-là sont connues de nombreux amateurs de l'occulte.
L'alchimiste Normand Nicolas Valois n'a t-il pas, en fait, répété :
En perdant la pureté du cœur, on perd la Science.
à méditer en ces temps incertains d'arrogance et de mépris.
|
|