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![]() L’envol de l’aigle : à la rencontre des maitres spirituels
A son arrivée à l’Ouest en 1974, Soljenitsyne crut aborder au pays de la liberté tel qu’on l’imaginait en URSS. Comme une chauve-souris jetée en plein soleil, allant d’étonnements douloureux en découvertes ahurissantes, il déchanta vite. il s’aperçut qu’il devait sa libération au seul fait qu’il était devenu malgré lui un « objet médiatique ». Aux journalistes qui ne ces¬saient de le harceler, il jeta : « Vous êtes pires que le KGB ! » il découvrit que la liberté de publier n’était qu’un leurre. Dans un train, il lia conversation avec un diplomate allemand qui revenait du Chili. L’Allemand lui décrivit en termes crus « le charlatanisme des révolutionnaires chiliens ». Intéressé, Soljenitsyne lui dit : « Vous devriez publier un livre là-dessus ». Réponse du diplomate : « Comme si c’était possible ! On me dévorerait vif ! » Devenu un objet médiatique à l’égal d’une « star people », Soljenitsyne découvrit avec effroi que ce qui intéressait les gens des médias, ce n’étaient pas des pensées, mais des indiscrétions. Au lieu de lire le livre dans lequel un écrivain avait mis toute son âme, on préférait l’interroger à la télévision sur des futilités à la mode. Les médias se moquent de la recherche de la vérité. ils sont à l’affût d’un « coup » afin de transmettre des émotions qui se vendent. Soljenitsyne en fit l’expérience cuisante alors qu’il était invité par Bernard Pivot à l’émission phare de la télévision française, Apostrophe, il comprit que l’Occident avait inventé un Goulag mental qui n’avait pas besoin d’enfermer les dissidents puisqu’ils étaient réduits au silence par un système qui transforme l’écrivain en objet de commerce dans un monde dérisoire, tout bruissant de vains tintamarres. Bien avant l’effondrement de l’URSS, dans Le Chêne et le Veau (Le Seuil, 1975), il avait écrit de façon prophétique « Du côté de l’Occident, il n’y avait pas d’espoir, nous ne devons d’ailleurs jamais compter sur lui. Si nous accédons à la liberté, nous ne le devrons qu’à nous. Si le XXè siècle doit comporter quelque leçon à l’intention de l’humanité, c’est nous qui l’aurons donnée à l’Occident et non pas l’Occident à nous : l’excès du bien-être a atrophié en lui la volonté et la raison. » Attaché de toute son âme et de toutes ses fibres à la Russie profonde, il souhaite pour elle autre chose que l’imitation obsessionnelle de l’Occident, cette atmosphère polluante de brigandage. « Si nous avons la volonté de ne pas disparaître de la planète, nous devons tout seuls, de nos propres forces, nous relever de notre funeste inertie d’aujourd’hui. »
Le mystère de l’orthodoxie Russe : l’ésotérisme du venait du froid Continent immense situé entre l’Asie et l’Amérique, la Russie est ce trait d’union géologique et continental naturel qui assure la transition entre un démocratisme ultra-libéral individualiste et une société orientale actuellement en plein essort mais profondemment collectiviste et conservatrice. A plus d’un titre la Russie sera pour les années à venir le garant des valeurs universelles développées par l’Occident et ce contre l’Occident qui a déjà oublié sa mission historique. Bien loin d’être réactionnaire, le libéralisme (atlantéen par essence) a besoin de bouleverser sans cesse toutes les habitudes acquises, de pulvériser toutes les traditions, de liquider les morales les plus indiscutables afin depouvoir susciter de nouveaux besoins en créant d’illusoires richesses. Le déracinement, la vaporisation des identités ne sont pas un effet collatéral indirect mais l’essence même du mécanisme libéral, qui entend généraliser la logique marchande et la substituer aux vertus, ces valeurs que toutes les sociétés traditionnelles mettaient en avant de leurs modèles. L’Orient comme l’Inde n’en sont que des pâles copies avec tous les excès et sans les gardes fous des mécanismes institutionnels encore en place, la Chine comme l’Inde ne sont que des "Hybris" sans avenir à savoir l’occidentalisation à outrance sans les valeurs historiales de l’Occident. La suite ici >> : Boris Mouravieff, Ouspensky, G.I. Gurdjieff et l’ésotérisme de l’Eglise d’Orient 1. Une première version d’Août Quatorze avait été publiée au Seuil en 1972. Une version remaniée paraîtra chez Fayard en 1983. Cet éditeur publiera les autres volumes en 1985, 1992, 1998, traduits notamment par Georges Nivat. |
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Prismes Hebdo : Spiritualités & Tradition |